La perte d’un enfant ou d’un adolescent est une tragédie pour une famille quand ces disparitions concernent des jeunes autochtones, elles exposent un problème systémique, profond et urgent à reconnaître.
Selon les données de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), sur environ 32 000 disparitions de jeunes au Canada en 2024, 23 % concernent des enfants et adolescents autochtones, bien que cette population ne représente qu’une fraction de la population nationale. Parmi ces jeunes autochtones disparus, 67 % sont des filles. Ces chiffres illustrent la vulnérabilité particulière des jeunes filles autochtones face à la violence et à l’exploitation.
Le cas de Maisy et Shannon, un symbole tragique
Lorsqu’un cas survient, nos premières actions consistent à :
Parmi les dossiers non résolus figurent ceux de Maisy Odjick et Shannon Alexander, deux jeunes femmes autochtones disparues ensemble en septembre 2008. Ces disparitions ne sont pas que des statistiques ; ce sont des vies volées, des familles brisées, des espoirs suspendus. Elles illustrent combien les jeunes autochtones, particulièrement les filles, sont exposées à des risques accrus.
Depuis leur disparition, le Réseau Enfants‑Retour n’a jamais abandonné l’affaire : diffusion des avis de recherche, production de photos vieillies, marches commémoratives, et soutien constant aux familles. Le cas de Maisy et Shannon est devenu un symbole de la lutte pour la visibilité des disparues autochtones.
Des causes profondes, structurelles, à ne pas ignorer
Plusieurs facteurs expliquent cette surreprésentation :
- La pauvreté, l’exclusion sociale, et le manque d’accès à des ressources de soutien.
- Les traumatismes vécus dès l’enfance, amplifiés par les séquelles intergénérationnelles des pensionnats et de la rafle des années 60.
- L’absence de repères sains et de soutien familial ou communautaire, et parfois l’influence de réseaux criminels.
- L’isolement et la méfiance vis-à-vis des institutions, qui compliquent la dénonciation ou la recherche d’aide.
Pourquoi il est essentiel d’en parler
Chaque disparition, qu’elle soit résolue ou non, représente un être humain, une famille, une histoire. Mettre des noms, raconter des histoires comme celles de Maisy et Shannon, c’est refuser l’oubli et faire entendre la voix des victimes.
Au Réseau Enfants‑Retour, nous accompagnons les familles, relayons les alertes, soutenons les dossiers non résolus et veillons à ce que les communautés autochtones aient accès à l’aide nécessaire.
Ressources pour les familles et les communautés :
- Le principe de Jordan : 1‑833‑725‑7236
- Projet Iskweu : https://ffamfr.squarespace.com/fr/projetiskweu
- Réseau Enfants‑Retour : https://www.reseauenfantsretour.ong/
Chaque jeune compte. Chaque vie compte. Sensibiliser, informer et agir ensemble est essentiel pour protéger les communautés autochtones et soutenir les familles touchées par la disparition ou l’exploitation de leurs enfants.
Pour en savoir plus : Fiche de renseignements 2024 – CNPDRN.